L'éducation de Menelik est assurée par l'Église éthiopienne orthodoxe. En parallèle, il suit des cours

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 influente : Taytu Betul, membre de la noblesse et descendante des familles régnantes du Semien, du Godjam et du Bégemder3. Son oncle, le Dejazmatch Wube Hayle Maryam a été le souverain du Tigray et de la majeure partie du Nord de l'Éthiopie. Décrite par Harold G. Marcus, comme animée d'un sincère patriotisme éthiopien, sûre d'elle-même, elle mène le front conservateur strictement attaché aux traditions nationales et méfiante des relations avec les États étrangers3. Par ailleurs, tant par son style vestimentaire que par son comportement politique, elle donne un poids politique au Gonder et plus généralement au nord de l'Éthiopie3. Mariée pour la quatrième fois, elle ne donne aucune descendance à Menelik2. Celui-ci a néanmoins deux filles de mariages précédents : Zaoditou Ire (Negiste Negest de 1917 à 1930) et Shoaregga, qui épouse le Ras Mikaél du Wello2, union dont naît le Lij Iyassou. Un fils, le prince Wossen Seged décède durant l'enfance. En 1886, Menelik marie sa fille Zaoditou Ire au fils du Negusse Negest, le Ras Araya Sellassie mais il décède, en mai 1888, sans qu'il ait donné d'enfant.
Tout au long de son règne, Menelik est très proche de son cousin, Mekonnen Welde Mikaél ; ensemble les deux hommes collaborent sur tous les sujets. Pétridès, les considèrent comme « les constructeurs de l'Éthiopie du XXe »4. Menelik lui confie plusieurs réformes économiques ainsi que la charge de divers dossiers diplomatiques. La vie familiale de Menelik a de fortes conséquences politiques puisque Taytou n'apprécie guère la proximité de son mari avec son cousin, représentant de la branche progressiste éthiopienne. Ainsi, lors de la fin de règne de Menelik, lorsque celui-ci se voit forcé de choisir un successeur, elle fait pression pour empêcher l'arrivée sur le trône impérial de Teferi Mekonnen, fils de Mekonnen5.Le prince Sahle Maryam naît le 19 août 1844Note 2 à Ankober, dans le Royaume du Shewa. Désigné comme héritier de la branche shewanne de la dynastie salomonide, il est le fils de Haile Melekot, Negus du Shewa, et de Ijigayehu, qui aurait été une jeune femme travaillant pour Bezabesh, mère du souverain. Bezabesh apercevant l'employée du palais enceinte, elle interroge Haile qui reconnaît la relation qu'il a eu avec Ijigayehu, lui faisant ainsi espérer la possibilité que son fils donne naissance à un héritier.
À la naissance de Sahle Maryam, un mariage est célébré lors d'une cérémonie civile et Sahle Selassie, heureux d'apprendre cette nouvelle, décide de donner à son petit-fils le nom de Menelik, lui prophétisant un règne glorieux pendant lequel l'Empire éthiopien serait reconstitué6,Note 3. Initialement, Haile Melekot refuse de reconnaître Menelik, mais Bezabesh intervient en le faisant légitimer par un conseil de parents qui conclut que la ressemblance entre le fils et le père est évidente. Une autre version indique que, lors de la naissance de Menelik, Haile Melekot s'est marié temporairement avec la jeune femme afin de légitimer la naissance7. L'enfant reçoit la même éducation que son père ; son tuteur est Ato Nadew, qui reste toute sa vie très proche de Menelik6.
En octobre 1855, des combats opposent les forces du Negusse Negest Téwodros II à celles de Haile Melekot ; ce dernier se trouve à Debre Berhan qu'il fait évacuer et brûler. Afin de protéger son fils, il ordonne à un groupe de chefs loyaux shewans, parmi lesquels Darge Sahle Selassie, de fuir avec Menelik vers le plateau de Minjar, situé entre les rivières Awash et Kesem. Les troupes de Téwodros II font pression sur la position occupée par les Shewans et obtiennent l'abdication de Darge. En février 1856, le Negusse Negest annexe le Shewa à l'Empire. Menelik, alors âgé de 12 ans, Nadaw, Darge et d'autres chefs sont alors capturés et emmenés au palais de Téwodros à Maqdala8.
La captivité à la forteresse de Magdala[modifier | modifier le code]
À son arrivée à la cour, Menelik est reçu avec tous les honneurs dus à un prince ; Téwodros II le traite « comme un fils »9, les officiers se montrent respectueux et affichent une certaine admiration9. Plus tard, lorsqu'il évoque cette captivité, il déclare : « Bien qu'il ait tué mon père et qu'il m'ait emmené à sa cour, il m'a toujours aimé comme un fils ; il m'éduquait avec la plus grande attention, et me montrait presque plus d'affection qu'envers son propre fils » ; toujours selon Menelik, Téwodros II lui a dit « plus qu'une fois... que je règnerais après lui »10. À la cour, Menelik rencontre plusieurs personnalités avec lesquelles il entretient une longue amitié, en particulier Ledj Wale, membre de la famille Yejjou et frère de Taytu Betul.


Forteresse de Magdala où Menelik était retenu captif
L'éducation de Menelik est assurée par l'Église éthiopienne orthodoxe. En parallèle, il suit des cours de stratégie militaire et d'équitation. Sa proximité avec les hautes sphères de l'administration et du pouvoir lui permet d'acquérir une expérience politique dès son plus jeune âge. Il remarque probablement à cette époque certaines erreurs de Téwodros II, notamment ses relations tendues avec les musulmans qui provoquent une instabilité dans le Wello, région devenue ingouvernable. Il est également marqué par les politiques d'unification et de centralisation menées par Téwodros II ; plus tard, il lance une série de campagnes visant à constituer un vaste Empire. Malgré ses désaccords avec la conduite des affaires, Menelik se montre serviable envers le Negusse Negest qui l'élève à la dignité de Dejazmatch11 et à qui il offre la main de la princesse Alitash12.
La fuite de Magdala et le retour dans le Shewa[modifier | modifier le code]
Durant son séjour à la cour, Menelik maintient sa volonté de retourner dans le Shewa bien qu'il n'envisage pas cette action tant que Téwodros II contrôle la totalité de l'Empire. En 1864, l'influence du Negusse Negest commence à s'affaiblir ; son expédition punitive contre Ato Bezabeh, qui s'est proclamé Negus du Shewa, échoue13. Menelik s'inquiète de ce changement malgré une déclaration passée de Bezabeh :
« Si le fils de [mon ancien] maître retourne, je devrai lui remettre les rênes du pouvoir, mais si quelqu'un d'autre revendiquait le poste, je ne l'abandonnerais pas14. »

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