devant un tribunal estimant que les preuves de traîtrise sont suffisantes26 et, malgré son refus

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Le Negusse Negest Tewodros II entouré de ses lions
Un retour dans son royaume au moment où Bezabeh est solidement installé au pouvoir pourrait créer des tensions ; par ailleurs, les partisans de son père, Haile Melekot, l'appellent à revenir le plus rapidement possible15. La seule solution semble être la fuite de la forteresse de Magdala ; or certains membres de la cour se doutent de cette décision et en informent Téwodros II. Celui-ci ne prend aucune mesure spécifique en raison de sa confiance envers Menelik16.
Le 1er juillet 1865, au milieu de la nuit, Menelik, alors âgé de 21 ans, et quelques partisans s'échappent de la forteresse en passant par le large gouffre entre l'Amba Magdala et le Wello. Au moment du départ, Menelik charge une personne de transmettre le message suivant à la reine Worqitu du Wello, ennemie de Téwodros II : « Je suis arrivé. Envoyez-moi des hommes afin de me recevoir »17. À l'aube, il arrive dans le Wello où Worqitu a probablement prévu de le capturer afin de l'échanger contre son fils, un imam, emprisonné à Magdala. La reine du Wello envoie un messager à Téwodros II afin de lui présenter la proposition mais le Negusse Negest a pris connaissance de la fuite et déclare : « la Reine a trouvé un fils libre ; elle peut se passer de celui qui est enchaîné »18 et ordonne l'exécution de son fils.
À partir de 1865, une série d'événements provoquent une déstabilisation de l'autorité de Téwodros II dont il est lui-même en partie responsable19. Une famine frappe les régions du Tigré et du Bégemder19 ; au début de l'année 1866, il lance une expédition punitive dont les victimes sont essentiellement civiles19. En novembre 1866, il décide de piller Gonder en réponse à une rébellion19 et, vers la mi-1867, craignant la désertion de ses troupes, il ordonne le massacre de 800 soldats19 ; ces actions conduisent de nombreux militaires à rejoindre l'armée de Menelik. À la suite de l'exécution du fils de Worqitu du Wello, celle-ci comprend que la présence de Menelik est inutile dans sa province mais que s'il monte sur le trône du Shewa, il pourrait être un allié important. Elle demande donc à ses soldats de l'escorter afin qu'il puisse retourner dans son royaume natal19.
Menelik, Negus du Shewa[modifier | modifier le code]

Les premières phases du règne[modifier | modifier le code]
La lutte contre Bezabeh[modifier | modifier le code]
En août 1866, Menelik arrive dans l'Est du Shewa avec le noyau de sa nouvelle armée et se proclame Negus19. Ato Bezabeh, alors souverain de la province, tente de trouver une alliance auprès de la reine du Wello, Worqitu en lui disant qu'une fois au pouvoir, Menelik les feraient capturer pour les remettre à Téwodros II19. Une confrontation a lieu entre Menelik et Bezabeh, lors de la bataille de Qewet20, la plupart des soldats choisissent de se joindre au camp du premier21 et le second fuit vers Amba Afqara22 ; cette victoire rapporte à Menelik 1 000 mousquets auxquels s'ajoutent 1 000 armes à feu et 3 canons trouvés à Kebrat Amba21. Lorsqu'il arrive à Ankober, il est accueilli par une population en liesse et un clergé heureux de sa venue23. Bezabeh décide de demander pardon, sa requête, soutenue par des prêtres et d'influentes personnalités politiques21, est acceptée par Menelik qui lui offre le fief d'Abba Motti en échange de cette soumission24.


Portrait de Menelik II
Dès le début de son règne, Menelik se veut conciliateur et magnanime envers ses ennemis21 ; il travaille pacifiquement avec l'administration shewanne déjà en fonction. Par la suite, même lorsqu'il accède au trône impérial, il privilégie toujours le dialogue afin d'éviter la guerre et les effusions de sang21. La priorité est alors à la consolidation de son autorité en raison des menaces externes que représentent les offensives oromos toujours plus nombreuses25. Au pouvoir, il abolit diverses réformes de Tewodros II25, son attitude conciliatrice se retrouve dans sa tolérance religieuse envers les musulmans et les animistes26. Afin d'assurer ce respect, l'édit suivant est promulgué :
« Tout débat religieux est interdit dans le Shewa où tous les cultes sont libres ; tout prêtre éthiopien reconnu coupable d'avoir provoqué une controverse religieuse sera puni de mort27. »
Ce texte vise également à mettre fin au débat entre les religieux favorables à la théorie de la double naissance du Christ et ceux favorables à la théorie de la triple naissance26. Une fois son autorité bien établie, Menelik veut en finir avec Bezabeh qui continue à troubler le royaume dont il se prétend toujours Negus ; par ailleurs, on apprend qu'il conspire avec les Oromos26. Menelik porte l'affaire devant un tribunal estimant que les preuves de traîtrise sont suffisantes26 et, malgré son refus d'évacuer son armée d'Amba Afqara, Bezabeh se présente devant la justice. Devant le conseil convoqué pour l'occasion, Menelik débute la séance avec la déclaration suivante :
« Je dépose trois plaintes contre Bezabeh : 1, il m'a attaqué lorsqu'à mon retour d'exil, il refusa de me remettre l'alga [trône] de mon père ; 2, après l'avoir pardonné pour l'amour de Dieu, on a découvert qu'il complotait contre mon alga, dans ma ville où il est resté ; 3, en accord avec son peuple, il refuse maintenant d'abandonner mon amba [mont] et il a tué mes soldats. Et maintenant, sages et chefs, examinez son cas et jugez entre lui et moi »28.
Par la suite, Bezabeh est condamné à mort et abattu, ses soldats rejoignent l'armée du Negus26 ; en 1866, Menelik contrôle la totalité du royaume au moment même où Tewodros II pille Gonder et voit la fin de son règne approcher.
La chute de Téwodros II[modifier | modifier le code]
Article connexe : Expédition britannique en Éthiopie (1868).
Dès son arrivée sur le trône du Shewa, Menelik affir

L'éducation de Menelik est assurée par l'Église éthiopienne orthodoxe. En parallèle, il suit des cours

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 influente : Taytu Betul, membre de la noblesse et descendante des familles régnantes du Semien, du Godjam et du Bégemder3. Son oncle, le Dejazmatch Wube Hayle Maryam a été le souverain du Tigray et de la majeure partie du Nord de l'Éthiopie. Décrite par Harold G. Marcus, comme animée d'un sincère patriotisme éthiopien, sûre d'elle-même, elle mène le front conservateur strictement attaché aux traditions nationales et méfiante des relations avec les États étrangers3. Par ailleurs, tant par son style vestimentaire que par son comportement politique, elle donne un poids politique au Gonder et plus généralement au nord de l'Éthiopie3. Mariée pour la quatrième fois, elle ne donne aucune descendance à Menelik2. Celui-ci a néanmoins deux filles de mariages précédents : Zaoditou Ire (Negiste Negest de 1917 à 1930) et Shoaregga, qui épouse le Ras Mikaél du Wello2, union dont naît le Lij Iyassou. Un fils, le prince Wossen Seged décède durant l'enfance. En 1886, Menelik marie sa fille Zaoditou Ire au fils du Negusse Negest, le Ras Araya Sellassie mais il décède, en mai 1888, sans qu'il ait donné d'enfant.
Tout au long de son règne, Menelik est très proche de son cousin, Mekonnen Welde Mikaél ; ensemble les deux hommes collaborent sur tous les sujets. Pétridès, les considèrent comme « les constructeurs de l'Éthiopie du XXe »4. Menelik lui confie plusieurs réformes économiques ainsi que la charge de divers dossiers diplomatiques. La vie familiale de Menelik a de fortes conséquences politiques puisque Taytou n'apprécie guère la proximité de son mari avec son cousin, représentant de la branche progressiste éthiopienne. Ainsi, lors de la fin de règne de Menelik, lorsque celui-ci se voit forcé de choisir un successeur, elle fait pression pour empêcher l'arrivée sur le trône impérial de Teferi Mekonnen, fils de Mekonnen5.Le prince Sahle Maryam naît le 19 août 1844Note 2 à Ankober, dans le Royaume du Shewa. Désigné comme héritier de la branche shewanne de la dynastie salomonide, il est le fils de Haile Melekot, Negus du Shewa, et de Ijigayehu, qui aurait été une jeune femme travaillant pour Bezabesh, mère du souverain. Bezabesh apercevant l'employée du palais enceinte, elle interroge Haile qui reconnaît la relation qu'il a eu avec Ijigayehu, lui faisant ainsi espérer la possibilité que son fils donne naissance à un héritier.
À la naissance de Sahle Maryam, un mariage est célébré lors d'une cérémonie civile et Sahle Selassie, heureux d'apprendre cette nouvelle, décide de donner à son petit-fils le nom de Menelik, lui prophétisant un règne glorieux pendant lequel l'Empire éthiopien serait reconstitué6,Note 3. Initialement, Haile Melekot refuse de reconnaître Menelik, mais Bezabesh intervient en le faisant légitimer par un conseil de parents qui conclut que la ressemblance entre le fils et le père est évidente. Une autre version indique que, lors de la naissance de Menelik, Haile Melekot s'est marié temporairement avec la jeune femme afin de légitimer la naissance7. L'enfant reçoit la même éducation que son père ; son tuteur est Ato Nadew, qui reste toute sa vie très proche de Menelik6.
En octobre 1855, des combats opposent les forces du Negusse Negest Téwodros II à celles de Haile Melekot ; ce dernier se trouve à Debre Berhan qu'il fait évacuer et brûler. Afin de protéger son fils, il ordonne à un groupe de chefs loyaux shewans, parmi lesquels Darge Sahle Selassie, de fuir avec Menelik vers le plateau de Minjar, situé entre les rivières Awash et Kesem. Les troupes de Téwodros II font pression sur la position occupée par les Shewans et obtiennent l'abdication de Darge. En février 1856, le Negusse Negest annexe le Shewa à l'Empire. Menelik, alors âgé de 12 ans, Nadaw, Darge et d'autres chefs sont alors capturés et emmenés au palais de Téwodros à Maqdala8.
La captivité à la forteresse de Magdala[modifier | modifier le code]
À son arrivée à la cour, Menelik est reçu avec tous les honneurs dus à un prince ; Téwodros II le traite « comme un fils »9, les officiers se montrent respectueux et affichent une certaine admiration9. Plus tard, lorsqu'il évoque cette captivité, il déclare : « Bien qu'il ait tué mon père et qu'il m'ait emmené à sa cour, il m'a toujours aimé comme un fils ; il m'éduquait avec la plus grande attention, et me montrait presque plus d'affection qu'envers son propre fils » ; toujours selon Menelik, Téwodros II lui a dit « plus qu'une fois... que je règnerais après lui »10. À la cour, Menelik rencontre plusieurs personnalités avec lesquelles il entretient une longue amitié, en particulier Ledj Wale, membre de la famille Yejjou et frère de Taytu Betul.


Forteresse de Magdala où Menelik était retenu captif
L'éducation de Menelik est assurée par l'Église éthiopienne orthodoxe. En parallèle, il suit des cours de stratégie militaire et d'équitation. Sa proximité avec les hautes sphères de l'administration et du pouvoir lui permet d'acquérir une expérience politique dès son plus jeune âge. Il remarque probablement à cette époque certaines erreurs de Téwodros II, notamment ses relations tendues avec les musulmans qui provoquent une instabilité dans le Wello, région devenue ingouvernable. Il est également marqué par les politiques d'unification et de centralisation menées par Téwodros II ; plus tard, il lance une série de campagnes visant à constituer un vaste Empire. Malgré ses désaccords avec la conduite des affaires, Menelik se montre serviable envers le Negusse Negest qui l'élève à la dignité de Dejazmatch11 et à qui il offre la main de la princesse Alitash12.
La fuite de Magdala et le retour dans le Shewa[modifier | modifier le code]
Durant son séjour à la cour, Menelik maintient sa volonté de retourner dans le Shewa bien qu'il n'envisage pas cette action tant que Téwodros II contrôle la totalité de l'Empire. En 1864, l'influence du Negusse Negest commence à s'affaiblir ; son expédition punitive contre Ato Bezabeh, qui s'est proclamé Negus du Shewa, échoue13. Menelik s'inquiète de ce changement malgré une déclaration passée de Bezabeh :
« Si le fils de [mon ancien] maître retourne, je devrai lui remettre les rênes du pouvoir, mais si quelqu'un d'autre revendiquait le poste, je ne l'abandonnerais pas14. »

campagnes d'expansion territoriale qui ne prennent fin qu'en 1900. Ses expéditions sont interrompues

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sa version originale Écouter) (17 août 1844 - 12 décembre 1913), né sous le nom de Sahle Maryam (ge'ez : ሳህለ ማርያም), est prince, Negus du Shewa, puis Negusse Negest d'Éthiopie. Il est également connu sous son nom de cavalier Abba Dagnew (ge'ez : አባ ዳኘው).
Le règne de Menelik II est essentiellement marqué par une politique de modernisation intérieure et d’extension territoriale de l'empire éthiopien donnant au pays sa forme contemporaine. Dans un contexte de menaces par des puissances étrangères, celles-ci visent à constituer un glacis de protection autour des hauts plateaux face au colonialisme. À cet égard il est notamment connu à l’étranger pour avoir mené les troupes éthiopiennes à la bataille d'Adoua repoussant la pénétration italienne.
Attaché aux traditions éthiopiennes et intéressé par les technologies occidentales, il adopte une série de réformes économiques, politiques et sociales afin de préparer l'Éthiopie au nouveau siècle. Les premières écoles publiques et les premiers hôpitaux sont construits, des produits européens apparaissent dans la nouvelle capitale Addis-Abeba qu’il fonde en 1886 et le pays se dote d'un chemin de fer.
Héritier du Negus du Shewa, Menelik est fait prisonnier et est emmené à l’âge de douze ans à la forteresse de Magdala où il grandit à la cour de Tewodros II ; il s'enfuit à 21 ans pour retourner dans son royaume natal où il est couronné Negus l'année suivante. À la suite du décès de Tewodros II en 1868, Menelik décide d'entreprendre une longue marche vers le trône impérial. Il refuse ainsi de reconnaître le Negusse Negest Tekle Giyorgis II comme légitime et s'attelle à renverser son successeur Yohannes IV bien que celui-ci le force à se soumettre en 1878. Limité au contrôle du Shewa, Menelik agrandit son royaume et crée une véritable force armée moderne capable de soutenir ses projets impériaux. Il noue des contacts avec des Européens afin d'importer un matériel militaire performant, une supériorité technologique facilitant les premières campagnes lancées en 1879. Dix années lui suffisent pour repousser les limites du Shewa aussi loin que l'Arsi, le Kaffa, le pays Welayta et la ville de Harer ; il remporte notamment les batailles de Embabo et Chelenqo.
À la suite du décès de Yohannes IV à la bataille de Metemma et après quelques mois de confrontation avec Mengesha Yohannes, Menelik II parvient, grâce au soutien de la noblesse éthiopienne, à se faire couronner Negusse Negest le 3 novembre 1889. Pendant le début de son règne, il poursuit les campagnes d'expansion territoriale qui ne prennent fin qu'en 1900. Ses expéditions sont interrompues en 1895-1896, durant la première guerre italo-éthiopienne qui l'oppose au Royaume d'Italie. Celle-ci est close le 1er mars 1896 par la bataille d'Adoua ; qui, relatée dans la presse internationale, consacre sa stature internationale et fait de son Empire le symbole du maintien d'une indépendance africaine face au colonialisme européen.
En 1909, Menelik II est frappé par une grave maladie et se retrouve hors état de gouverner. Le pouvoir passe progressivement entre les mains de son épouse, Taytu Betul. Il désigne son petit-fils, Ledj Iyassou, comme successeur afin d'éviter un affrontement entre factions politiques. Menelik II décède dans la nuit du 12 au 13 décembre 1913.Au cours de sa vie Menelik a eu plusieurs épouses ; le premier mariage, à vingt ans avec la princesse Alitash, lui est imposé par le père de celle-ci, Téwodros II1. Après s'être échappé de la forteresse de Magdala, il la quitte et épouse une princesse oromo ; leurs deux fils meurent en bas âge1. Par la suite, il se marie avec Baffana, une noble shewanne qui tente de le renverser pour placer un de ses fils sur le trône de son mari ; un conseil exige son exil en 18771. Pendant quelques années, il a diverses liaisons temporaires parmi lesquelles une nouvelle Baffana et une princesse nommée Goveté2.
C'est en 1883, lors de la semaine de Pâques, que Menelik épouse sa femme la plus célèbre et

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